Envie de changer de métier, de donner plus de sens à votre travail ou de vous lancer dans une nouvelle voie professionnelle ? La formation est souvent une étape clé pour réussir une reconversion. Pourtant, une question freine de nombreux salariés : est-il possible de quitter son emploi pour se former sans se retrouver sans revenus ? Longtemps, la réponse était non. Mais aujourd’hui, il existe une solution encore méconnue qui permet de sécuriser ce type de projet : le dispositif démission-reconversion. À condition de respecter certaines règles, il est désormais possible de démissionner, de se former et de bénéficier d’une indemnisation chômage. Dans ce guide complet, on vous explique comment fonctionne ce dispositif, quelles sont les étapes à suivre et comment maximiser vos chances de réussite dans votre projet de reconversion !
Peut-on démissionner pour suivre une formation ?
En principe, la démission ne permet pas de percevoir des allocations chômage. Toutefois, depuis 2019, un dispositif spécifique autorise certains salariés à quitter volontairement leur emploi pour mener un projet professionnel, notamment une reconversion nécessitant une formation, tout en bénéficiant de l’allocation chômage.
Ce mécanisme, appelé dispositif démission-reconversion, constitue aujourd’hui une solution sécurisante pour changer de métier.
Qu’est-ce que le dispositif démission-reconversion ?
Le dispositif démission-reconversion permet à un salarié de quitter son emploi afin de suivre une formation qualifiante ou de mener un projet professionnel structuré, tout en conservant un droit aux allocations chômage. Il ne s’agit pas d’un droit automatique : le projet doit impérativement être validé en amont.
Ce dispositif repose sur une logique simple : sécuriser les reconversions professionnelles en s’assurant que le projet est sérieux, cohérent et réaliste.
Les conditions pour en bénéficier
Pour accéder à ce dispositif, plusieurs critères doivent être remplis.
- Justifier d’au moins 5 ans d’activité salariée continue au cours des 60 derniers mois ;
- Présenter un projet professionnel réel et sérieux ;
- Obtenir une validation officielle avant la démission ;
- S’inscrire à France Travail après la rupture du contrat.
L’ancienneté est une condition incontournable. Elle correspond à environ 1 300 jours travaillés sur les 60 derniers mois. Cette exigence vise à réserver le dispositif aux parcours professionnels déjà stabilisés.
Au-delà de cette condition, le cœur du dispositif repose sur la qualité du projet. Celui-ci doit être cohérent avec votre parcours et offrir de réelles perspectives d’emploi.
Les étapes à suivre avant de démissionner
La réussite de votre projet repose sur une préparation rigoureuse. Plusieurs étapes sont indispensables avant d’envisager une démission…
La première consiste à clarifier votre objectif professionnel. Définissez précisément le métier visé, identifiez vos compétences actuelles et évaluez les éventuels besoins en formation. À ce stade, un bilan de compétences peut être particulièrement utile pour structurer votre réflexion.
Pour être bien guidé, tournez-vous vers le conseiller en évolution professionnelle (CEP). Ce service gratuit vous permet de construire un projet solide, d’en vérifier la faisabilité et de préparer les éléments nécessaires à sa validation. Cette étape est obligatoire pour bénéficier du dispositif démission-reconversion.
Une fois votre projet structuré, vous devez constituer un dossier détaillé. Celui-ci doit présenter votre projet, la formation envisagée, les débouchés professionnels ainsi que les modalités de financement.
Ce dossier est ensuite soumis à une commission Transitions Pro. Cette étape est déterminante, car c’est elle qui valide ou refuse votre projet.
La validation du projet
La commission Transitions Pro examine plusieurs éléments afin d’évaluer la pertinence de votre démarche.
- La cohérence entre votre projet et votre parcours ;
- La qualité et la reconnaissance de la formation choisie ;
- Les perspectives d’emploi à l’issue du parcours ;
- La solidité globale du dossier présenté.
Si votre projet est jugé sérieux et réaliste, vous recevez une attestation officielle. Ce document est indispensable pour la suite de la procédure.
La démission : une étape stratégique
Une fois votre projet validé par la commission Transitions Pro, vous recevez une attestation : c’est à ce moment-là que vous pourrez engager votre démission. Cette étape doit être réalisée avec prudence. Il est impératif de respecter votre préavis et de conserver tous les justificatifs liés à la validation de votre projet.
Démissionner sans validation préalable constitue une erreur majeure, car cela entraîne une perte de droits aux allocations chômage.
Après la démission : que se passe-t-il ?
Après la rupture de votre contrat, vous devez vous inscrire comme demandeur d’emploi. France Travail va alors examiner votre situation et vérifier que vous remplissez bien toutes les conditions du dispositif.
Si votre dossier est conforme, vous pourrez percevoir l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) pendant votre formation. Cette indemnisation vous permet de vous concentrer sur votre reconversion sans subir une perte brutale de revenus.
Comment bien choisir sa formation ?
Le choix de la formation est une étape déterminante dans un projet de reconversion professionnelle. Une formation mal adaptée peut entraîner une perte de temps, un investissement financier inutile ou des difficultés à retrouver un emploi. À l’inverse, une formation cohérente avec votre projet, vos compétences et les besoins du marché augmente considérablement vos chances de réussite !
Avant de vous inscrire, prenez le temps d’analyser votre objectif professionnel. La première question à vous poser est la suivante :
Quel métier souhaitez-vous réellement exercer à l’issue de votre formation ?
Une formation ne doit pas être choisie uniquement parce qu’elle vous intéresse, mais parce qu’elle correspond à un projet professionnel construit. Il est donc important de vous renseigner sur les missions du métier visé, les compétences nécessaires et les opportunités d’emploi dans ce secteur.
La reconnaissance de la formation est également un critère essentiel dans votre choix. Toutes les formations ne se valent pas et certaines certifications sont davantage valorisées par les employeurs. Privilégiez les formations reconnues par l’État, inscrites au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) ou délivrant un diplôme reconnu. Cette reconnaissance constitue un véritable atout pour faciliter votre insertion professionnelle après votre reconversion.
Pour bien choisir votre formation, étudiez également le contenu pédagogique proposé. Une formation de qualité doit apporter des connaissances théoriques, mais aussi permettre de développer des compétences pratiques. Vérifiez :
- Les programmes ;
- La durée de la formation ;
- Les méthodes d’apprentissage utilisées;
- Les modalités d’évaluation.
Selon le métier choisi, les stages, périodes d’immersion ou mises en situation professionnelles peuvent représenter un véritable avantage !
En outre, le choix de l’organisme de formation mérite aussi une attention particulière. Renseignez-vous sur son expérience, les avis des anciens stagiaires, le taux de réussite aux examens ou encore le taux d’insertion professionnelle des personnes formées. Ces informations vous permettront d’évaluer la qualité de l’accompagnement proposé.
Enfin, la question du financement doit être anticipée. Dans le cadre du dispositif démission-reconversion, le coût de la formation fait partie des éléments étudiés lors de l’examen du projet par Transitions Pro. Il est donc important de présenter une formation réaliste, adaptée à votre situation.
Bien choisir votre formation, c’est donc trouver le bon équilibre entre vos aspirations personnelles, les exigences du métier visé et les réalités du marché de l’emploi. Cette réflexion constitue une étape essentielle pour construire une reconversion solide et durable !
Quelle rémunération pendant la formation ?
Pendant votre formation, vous pouvez percevoir l’Allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE), sous réserve de respecter les conditions prévues par France Travail.
Le montant de cette indemnisation dépend principalement de votre ancien salaire et de votre période d’activité salariée prise en compte pour le calcul de vos droits. L’ARE est calculée à partir du salaire journalier de référence (SJR), selon une formule définie par l’assurance chômage.
Il est donc impossible de déterminer un montant identique pour tous les bénéficiaires. Deux personnes suivant une même formation dans le cadre du dispositif démissionnaire peuvent percevoir des allocations différentes selon leur parcours professionnel et leurs revenus précédents. En moyenne, l’allocation représente entre 57 % et 75 % de votre salaire brut.
Avant de démissionner, vous pouvez effectuer une simulation de vos droits auprès de France Travail afin d’évaluer précisément le niveau d’indemnisation auquel vous pourriez prétendre pendant votre reconversion.
Les avantages du dispositif
Le dispositif démission-reconversion présente plusieurs atouts majeurs pour les salariés en reconversion :
- Il sécurise financièrement la transition ;
- Il encourage des projets structurés et réfléchis ;
- Il facilite l’accès à des formations qualifiantes ;
- Il permet de changer de métier sans rupture brutale.
Ce cadre offre une véritable opportunité de transformation professionnelle, à condition de respecter les étapes imposées.
Quelques limites à connaître
Malgré ses avantages, le dispositif comporte certaines contraintes. Les conditions d’accès sont strictes et la procédure peut s’avérer longue. De plus, la validation n’est jamais garantie : un projet mal préparé peut être refusé.
Il est donc essentiel d’anticiper les délais et de consacrer du temps à la construction de votre dossier !
Les alternatives à la démission
Avant de choisir la démission pour suivre une formation, il est important d’étudier les autres dispositifs qui permettent de sécuriser une reconversion professionnelle. En fonction de votre situation, certaines solutions peuvent être plus adaptées et vous éviter de rompre immédiatement votre contrat de travail.
Le choix du bon dispositif dépend notamment de votre projet, de la durée de la formation envisagée, de votre besoin de financement et de votre souhait ou non de conserver votre emploi pendant votre transition.
Le Projet de Transition Professionnelle (PTP)
Le Projet de Transition Professionnelle (PTP) est l’une des principales alternatives à la démission. Il permet à un salarié de s’absenter temporairement de son poste afin de suivre une formation certifiante, dans le but de changer de métier ou de secteur d’activité.
Contrairement au dispositif démission-reconversion, vous ne quittez pas votre entreprise. Votre contrat de travail est maintenu pendant toute la durée de la formation. Vous bénéficiez ainsi d’une véritable sécurité professionnelle puisque vous conservez votre statut de salarié tout en préparant votre évolution de carrière.
Le PTP peut être utilisé pour financer une formation longue lorsque celle-ci est cohérente avec un projet de reconversion. La formation choisie doit généralement permettre d’obtenir une certification reconnue, notamment enregistrée au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) ou au Répertoire spécifique.
Pour bénéficier d’un Projet de Transition Professionnelle, vous devez respecter certaines conditions d’ancienneté et déposer un dossier auprès de l’organisme Transitions Pro de votre région. Le dossier est ensuite étudié afin de vérifier la cohérence du projet, la pertinence de la formation et les perspectives professionnelles après la reconversion.
Grâce au PTP, votre rémunération est maintenue pendant la formation. Les frais pédagogiques de la formation peuvent également être pris en charge dans le cadre du dispositif.
Si vous souhaitez changer de métier tout en limitant les risques financiers liés à une reconversion, le PTP représente donc une solution particulièrement intéressante !
Le Compte Personnel de Formation (CPF)
Le Compte Personnel de Formation (CPF) permet à chaque actif d’acquérir des droits à la formation tout au long de sa vie professionnelle. Ces droits peuvent être utilisés pour financer tout ou partie d’une formation, notamment dans le cadre d’un projet de montée en compétences ou de reconversion.
Le CPF peut être mobilisé seul ou venir compléter d’autres financements. Il est particulièrement utile pour des formations courtes, des certifications professionnelles ou des formations préparant à un nouveau métier.
Cependant, contrairement au PTP, le CPF seul ne permet pas toujours de s’absenter de son poste de travail tout en conservant sa rémunération. Son utilisation doit donc être réfléchie en fonction de la durée de la formation et de votre organisation professionnelle.
La rupture conventionnelle
La rupture conventionnelle constitue une autre possibilité pour les salariés qui souhaitent quitter leur entreprise dans le cadre d’un changement professionnel.
Elle correspond à une rupture du contrat de travail négociée entre l’employeur et le salarié. Contrairement à une démission classique, elle ouvre généralement droit aux allocations chômage, ce qui peut permettre de financer une période de formation ou de transition.
Cette solution nécessite toutefois l’accord de l’employeur et ne peut pas être imposée. Elle dépend donc du dialogue établi avec l’entreprise et de sa volonté d’accepter la rupture du contrat.
Comment choisir la bonne solution ?
Le choix entre ces différents dispositifs dépend avant tout de votre situation personnelle. Si vous souhaitez conserver une sécurité maximale, le Projet de Transition Professionnelle est souvent l’option la plus protectrice puisqu’il permet de rester salarié pendant la formation. Si votre projet est déjà bien défini et que vous souhaitez quitter votre entreprise, le dispositif démissionnaire peut être une solution adaptée.
Avant toute décision, faites-vous accompagner par un conseiller en évolution professionnelle (CEP) !
